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Renflouer « Hors-bord », de Renata Adler

LE MONDE DES LIVRES | 16.01.2014 à 11h46 | Raphaëlle Leyris

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Dans le métro new-yorkais, années 1970.
Dans le métro new-yorkais, années 1970. | DR

 

Alors que les romans étrangers occupent une place croissante du marché de l’édition, et que la concurrence entre maisons fait rage pour dénicher des pépites, il peut être bon de se souvenir que le hasard – l’autre nom des heures passées à musarder sur Internet – joue aussi, à l’occasion, son rôle dans la découverte de textes à importer de toute urgence. C’est à lui, en partie, que l’on doit celle de Hors-bord, de Renata Adler. Il paraît en France trente-sept ans après sa publication initiale.

Il aura ainsi fallu que se combinent procrastination et esprit de curiosité pour que Céline Leroy, traductrice née en 1977, lise le nom de cette Américaine un jour de 2011 qu’elle n’avait pas envie de s’atteler à son travail. Traînant d’un site littéraire américain à l’autre, elle s’attarde sur le blog « American Fiction Notes », tenu par le journaliste de Washington Mark Athitakis, dont la capacité à « s’enthousiasmer pour des livres très différents » l’intéresse. Elle remonte dans les archives, et tombe sur un post écrit en 2010 à propos de Hors-bord, de Renata Adler, qu’il vient de lire et décrit comme « à la fois puissant et pas du tout conventionnel ». « Ce qu’il en disait, raconte Céline Leroy, me laissait penser qu’on avait affaire là à quelque chose de très différent de la littérature américaine que l’on peut lire aujourd’hui. » Quelque chose, pense-t-elle, qui pourrait bien être le texte qu’elle cherche depuis des années – celui qu’elle traduirait et qui lui « correspondrait tout à fait ».